Transferts et re-contextualisations

 

Acropole de Lindos, d'après H. Rasmussen, 1905.

Acropole de Lindos, d’après H. Rasmussen, 1905.

Les statues-portraits grecques se montrent, si on y regarde de près, étonnamment mobiles. Cela ne concerne pas seulement leur reproduction, qui permettent de faire connaître les portraits à travers leurs copies en d’autres lieux. Aussi le « caractère central » de l’original a-t-il pu, en fonction d’exigences changeantes, se déplacer sur le monument ou changer de place. Pour des monuments ruinés, on aménage un nouveau cadre architectural : soit on les intègre dans une architecture supplémentaire et par là on les protège et/ou on les remet en valeur, soit on les déplace, pour les sortir de leur oubli ou pour les installer dans un nouvel arrangement. Mais dans d’autres cas, le transfert du portrait peut aussi être associé à des changements intentionnels de position. Un exemple connu de ce phénomène est celui des portraits grecs de philosophes et d’écrivains dans les villas romaines comme marque de l’éducation de leurs propriétaires. Mais en Grèce même, également, des statues de héros à l’origine ont été déposées comme substituts figurés de personnages historiques dans des nouveaux contextes (par ex. souvenir culturel) et ont reçu de ce fait une autre orientation. Enfin le transfert de la statue allait souvent de pair avec des adjonctions ou des remaniements, qui vont de la présentation nouvelle jusqu’à l’élimination de la dédicace du portrait.

Cette thématique du projet EIKON, à travers la contribution au manuel sur « la vie des portraits grecs », mettra en évidence la diversité de la palette et de ce fait, au moins potentiellement, également de nouveaux classements des monuments, et en même temps évaluera le sens profond de leurs motivations.

Jochen Griesbach, Frédéric Herbin

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